Plastiques agricoles : les sites débordent
Les élus du Kamouraska demandent à Québec de se donner les moyens de ses ambitions en matière de collecte et de récupération des plastiques agricoles. Les municipalités du Kamouraska sont nombreuses à avoir adopté une résolution dénonçant le sous-financement d’AgriRÉCUP pour leur prise en charge. Elles soutiennent que les deux sites de dépôt des plastiques agricoles aménagés par AgriRÉCUP au Kamouraska sont insuffisants en termes de volume et qu'ils ne sont pas vidés assez fréquemment. Présentement, il y a des terres agricoles qui accumulent les plastiques et nos agriculteurs ne savent malheureusement plus quoi faire de ces plastiques. On ne voudrait pas que ça finisse à de mauvais endroits. Vincent Bérubé, maire de La Pocatière, indique que certains agriculteurs font demi-tour avec leur chargement quand ils se butent à un site déjà plein. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Pier-Olivier Busque Il interpelle le ministre de l’Environnement et le député de la Côte-du-Sud pour rectifier rapidement le tir. Le député de la Côte-du-Sud, Mathieu Rivest, indique être au fait de la situation. Il y a un travail actuellement qui se fait, il y a même une analyse sur un projet pilote qui pourrait avoir lieu sur notre territoire. Donc le ministère est bien au fait des problématiques, mais en même temps il faut aussi saluer le fait qu'on s'en occupe. Mathieu Rivest, député de la Côte-du-Sud, mentionne que le ministère de l'Environnement est bien au fait de la problématique et qu'il y a un travail de collaboration fait avec l'ensemble des partenaires touchés par la situation. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Patrick Bergeron Il explique que cela prend du temps pour trouver les meilleures solutions et mettre la récupération du plastique agricole sur pied de façon efficace sur un aussi grand territoire. Le préfet de la MRC de Kamouraska, Sylvain Roy, indique que la situation était déjà dénoncée en août dernier par la Table régionale des élus et élues municipaux du Bas-Saint-Laurent (TREMBSL). La gestion des plastiques agricoles a fait l’objet d’un important changement législatif en 2022. Sylvain Roy, préfet de la MRC de Kamouraska, mentionne que le Bas-Saint-Laurent est la troisième plus grande utilisatrice de plastiques agricoles au Québec. (Photo d'archives) Photo : Gracieuseté : MRC de Kamouraska Les systèmes de collecte devaient être implantés en 2023 et le ministère de l’Environnement avait fixé des cibles de récupération de 45 % de ces plastiques pour 2025. Si le gouvernement veut aller chercher des cibles élevées de récupération plastique et qu’il ne donne pas les moyens à son organisme mandataire de réaliser sa mission, on ne va nulle part. Eric Hudon, coordonnateur d’AgriRÉCUP pour l’Est du Québec, l’organisme à but non lucratif qui a été mandaté en 2022 pour organiser la récupération des plastiques agricoles, confirme qu’il y a un moratoire jusqu’en 2026 pour l’établissement de nouveaux sites de collecte au Québec, faute de financement. Il faut attendre 2026 pour avoir de nouvelles ententes et être capable de gérer le tonnage de plastique qui serait collecté. On n’a pas l’argent pour tout le transport, la mise en balle et tout ça. L'organisme AgriRÉCUP est chargé de recueillir les plastiques agricoles dans plus de 200 lieux semblables au Québec. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Pier-Olivier Busque Il ajoute que AgriRÉCUP a la volonté de développer la collecte porte-à-porte, mais que l’écofrais appliqué sur le matériel agricole en plastique n’est pas suffisant et que certaines entreprises omettent de remettre ceux-ci à AgriRÉCUP. Selon la résolution de la TREMBSL, 40 $ par tonne de plastiques agricoles collectés sont versés à AgriRÉCUP alors que les coûts estimés de la collecte porte-à-porte sont estimés à 400 $ la tonne. La MRC des Basques faisait la collecte porte-à-porte du plastique agricole avant la faillite de Récupération des Basques. Elle récupérait 73 % du plastique agricole généré sur son territoire. Dans une étude conduite par AgriRÉCUP et publiée en 2021, on soulignait En attendant, le système des sites de dépôt ne fonctionne apparemment pas «Il faut donner à AgriRÉCUP les moyens suffisants pour qu'ils puissent mettre en place des systèmes qui vont fonctionner, qui vont être durables pour les producteurs agricoles», affirme Nathalie Lemieux, présidente de l'UPA Bas-Saint-Laurent. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada Une observation que fait également la présidente de l’UPA du Bas-Saint-Laurent, Nathalie Lemieux. Les entreprises souhaitent le faire, si elles sont convaincues que ces matières-là vont être récupérées, transformées, elles vont le faire ce tri-là. Dans la résolution de la Ville de La Pocatière, on souligne que la nouvelle Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles du Kamouraska souhaite signer une entente avec AgriRÉCUP, à l'instar d'autres MRC du Québec, pour organiser une collecte porte-à-porte des plastiques agricoles à la ferme. Depuis le 1er janvier 2025, il n’est plus permis de mettre les plastiques agricoles dans le bac bleu au Québec.
Assurons-nous que le travail est bien entamé, qu'on débloque les fonds pour être sûr qu’on soit capable de ramasser ces plastiques agricoles au plus vite.

Aucune amélioration n’a été constatée
, affirme-t-il.Grandes ambitions, peu de moyens?

Bilan des plastiques agricoles collectés en 2024
Tonnes de plastiques agricoles générés annuellement Tonnes de plastiques récupérés en 2024 par AgriRÉCUP % de plastiques récupérés en 2024 Bas-Saint-Laurent 992 208 21% Province de Québec 11 000 2012 18,2% 
Nous on sait qui ne paie pas, mais c'est au gouvernement de faire la police sur les écofrais
, indique-t-il.Forte participation à la collecte porte-à-porte
la bonne performance du système de collecte porte-à-porte implanté dans la MRC des Basques
, rapportant la participation de plus de 90 % des producteurs de la MRC et le recyclage de près de 73 % des plastiques agricoles générés sur son territoire.Types de plastiques agricoles récupérés par AgriRÉCUP
Plastiques utilisés pour l'ensilage et le foin Pellicules, sacs pour ensilage, toiles, bâches, filets et ficelles Sacs de produits agricoles Semences, pesticides, fertilisants, moulée, ripe, mousse de tourbe, etc. Contenants de produits agricoles Bidons, barils, réservoirs Pesticides périmés et semences traitées
Pesticides non utiles ou périmés Tubulures
Tubulures utilisées en acériculture On a demandé depuis le départ, avec l’Union des producteurs agricoles, que AgriRÉCUP nous aide à financer une collecte porte-à-porte. On trouvait l’exemple des Basques intéressant avec presque trois fois plus de plastiques récupérés que présentement sur les sites de collecte
, rapporte Sylvain Roy.Le milieu en attente
On est déçu parce qu'on sait pertinemment, puis on a vu quand même des études là-dessus qu’au niveau de la récupération, si on ne donne pas les moyens de bien récupérer, on n'atteint pas les objectifs, et c’est vers ça qu’on s’enligne
, déclare le préfet de la MRC de Kamouraska.
Plus de 50 km d'un point de dépôt, c’est une heure de déplacement pour aller et revenir à la ferme. C'est énormément de temps et de distance pour nos entreprises agricoles. C'est pour ça que la collecte porte-à-porte est encore souhaitée dans notre région.
On sait que dans la MRC de Coaticook, ça fait. Il y a un programme là qui est réalisé. Donc, étendons ce système-là à la grandeur du Québec
, demande le maire de La Pocatière, Vincent Bérubé.
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